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Le 30/08/2022

Wonderdraft ou Inkarnate, quel éditeur de carte choisir ? (test comparatif)

Vous ne savez pas quel support choisir pour dessiner votre carte de roman, l’univers de votre jeu de rôles ou le monde qui trotte dans votre tête ?

C’est vrai. Il existe autant de solutions qu’il existe de cartes ou de cartographes. Et quand on démarre, difficile de s’y retrouver. Difficile de faire un choix.

Je vous ai déjà parlé d’un certain nombre de logiciels et d’éditeurs de cartes dans un autre article. Mais ici, j’ai décidé de me concentrer sur deux d’entre eux en particulier. Et de les confronter, en leur ajoutant même un troisième rival surprenant.

Les deux logiciels en question ? 

Wonderdraft et Inkarnate, les deux mastodontes de la cartographie fantasy.

Mais comment les départager ?

On est toujours tenté de classer les choses. De se demander : qui est le meilleur ? C’est dans la nature humaine, je crois, de vouloir tout comparer. En bien comme en mal.

Or donc ici pas de compétition ! Ces deux logiciels sont d’excellents supports pour dessiner une carte de monde fantasy. 

Cependant, je suis un curieux insatiable.

Et cela fait un moment que l’idée de les mettre au défi l’un face à l’autre me taraude.

Mais comment me direz-vous ?

Facile.

En dessinant la même carte sur les deux supports.

Se pose alors très vite un problème. 

Si la première version d’une carte est faite sur Wonderdraft, Inkarnate sera forcément désavantagé car la carte de Wonderdraft sera inconsciemment influencée par les fonctionnalités de ce même logiciel. Et inversement si je commence sur Inkarnate.

La solution était donc simple.

Dessiner une première carte à la main qui servirait de base pour la reproduire ensuite sur chacun des deux logiciels en se rapprochant au maximum du rendu original fait sur papier avec mes bons vieux stylos.

Or donc, je vous présente la carte du Duché de Bergebonne qui va servir de modèle :

Une carte relativement “simple” avec malgré tout quelques petits détails spécifiques (la crevasse, le bateau, la “grotte” en bas à droite dans une montagne, les cactus, les arbres morts, la rose des vents…).

De quoi comparer les deux logiciels sans pour autant partir dans quelque chose de très complexe.

Je me suis fixé deux règles simples :

  • suivre au maximum le dessin d’origine (éléments présents)
  • garder un style “papier” ou “parchemin”

Alors c’est parti, voyons ce qu’Inkarnate et Wonderdraft ont dans le ventre !

Inkarnate, le créateur de cartes fantasy en ligne

Parmi les deux concurrents, Inkarnate est celui que j’avais le moins utilisé avant ce comparatif. J’avais déjà eu l’occasion de tester sa version gratuite (sans grand enthousiasme) il y a un moment, avant de finalement me lancer sur la version Pro pour ce comparatif.

Et quelle différence avec la version gratuite !

Un véritable gouffre.

Je me suis donc mis au boulot pour reproduire le Duché de Bergebonne.

1 – Les côtes et cours d’eau

Dans un premier temps, j’ai délimité les contours du pays grâce à l’outil Mask Tool, permettant de créer les terres émergées. Après avoir tracé des lignes simples en s’appuyant sur notre modèle, j’ai travaillé les côtes en leur donnant cet aspect dentelé aléatoire si particulier qui fait toute la différence.

Puis en réduisant la taille de la brosse, j’ai dessiné les fleuves et rivières traversant le Duché. Comme les veines, ces cours d’eau donnent peu à peu vie à notre carte.

À noter qu’au début, le rendu de la carte ne fait pas très parchemin. Mais, pas de panique, on s’occupera de ce détail plus loin.

2 – Les reliefs

La base faite, je me suis attaqué aux montagnes et collines du Duché. L’avantage de la version premium d’Inkarnate est sa grande diversité de choix dans les “brosses”. Collines, dunes de sable, rocheuses, montagnes acérées, … 

De même, aucun risque d’avoir 10 fois la même montagne (sauf si vous y tenez). L’échelle, l’effet miroir pour encore augmenter les variations, les personnalisations sont pertinentes et efficaces.

3 – Les forêts et végétations

Ici, j’avais besoin de représenter une forêt de conifères au nord, des chênes et autres arbres plus méridionaux à l’est mais aussi des arbres morts. Pas de problème, Inkarnate propose tout cela.

Petit hic au moment de trouver des cactus dans le style “parchemin / dessin noir et blanc”. Tant pis, à la place j’ai décidé d’ajouter des palmiers dans mon désert.

J’en ai également profité pour dessiner le groupe d’îles à l’ouest que j’avais oublié au départ.

4 – Éléments et noms

Une fois les côtes, les forêts, les reliefs dessinés, il ne me restait plus qu’à m’occuper de l’habillage. J’ai d’abord commencé par ajouter la grotte dans la montagne au sud-est, le bateau dans la baie ainsi que la crevasse.

Malheureusement, Inkarnate ne propose pas de faille, de crevasse “toute faite”. J’ai dû passer par des brosses de falaises pour obtenir ce que je voulais. Rien de terrible, mais je le précise.

Vient ensuite la fameuse rose des vents, que j’ai pu choisir parmi plusieurs modèles. J’ai rajouté moi-même les initiales des points cardinaux. On pourrait penser à un point négatif, mais cela donne plus de flexibilité au résultat et une personnalisation plus pointue que je trouve intéressante (police, taille des lettres, couleur, etc).

J’ai ensuite voulu modifier le contour des côtes pour reproduire cet effet hachuré du modèle d’origine. Hélas, Inkarnate ne propose que des tracés suivant les terres. Petite déception, même si cela n’a rien d’handicapant.

5 – Finitions et résultat

Comme je l’ai dit, le style de cette carte n’avait jusqu’à présent pas grand chose à voir avec l’effet parchemin voulu. J’ai donc farfouillé dans l’outil Filtres. J’y ai découvert un nouveau monde s’offrant à moi et une pluie de personnalisations originales et ultra efficaces. Après plusieurs réglages et un travail de calibrage, le résultat était enfin à la hauteur de mes attentes.

Voyez plutôt :

Le Duché de Bergebonne a une tout autre allure, vous ne trouvez pas ?

Retrouvez la version HD ici. 

Mais le plus intéressant arrive, avec Wonderdraft. Car la comparaison débute véritablement ici.

Wonderdraft, l’éditeur de cartes fantasy rien qu’à vous

Je connais Wonderdraft depuis quelques années maintenant et dès le premier jour, ce fut un véritable coup de foudre pour ce logiciel.

Pourquoi ? Tout simplement car je n’avais jusqu’alors jamais connu un programme aussi puissant, complet et facile d’utilisation. Plus aucune carte ne m’était interdite. Tout ce que j’imaginais, je pouvais le créer avec Wonderdraft.

C’est donc avec une confiance certaine et un grand enthousiasme que j’abordais cet exercice en compagnie d’un vieil ami.

Avant d’attaquer le dessin, j’ai déterminé la taille de ma page ainsi que le style de base de la carte aussi appelé thème : “paper”. D’entrée, j’étais paré pour un effet parchemin.

1 – Les calques et les contours

Si j’avais dû dessiner “à main levée” sur Inkarnate, Wonderdraft m’a permis d’insérer une copie de ma carte modèle en arrière-plan grâce à l’outil Trace Tool dans le menu Overlay (couches).

Si cette option n’a clairement rien d’indispensable pour un dessin original, pour recopier une carte déjà existante, c’est clairement un avantage. Ici, aucun risque de faire de l’à-peu-près.

À partir de là, tracer les côtes, les rivières et tout le reste serait un jeu d’enfants !

2 – Les reliefs

Par défaut, Wonderdraft propose une petite liste de montagnes dans des styles différents (effet crayon, encré, etc). Et même si d’autres styles me plaisaient davantage, je suis resté le plus fidèle possible au dessin d’origine.

En attaquant les reliefs, je me suis retrouvé face à un petit souci : la limite d’échelle des symboles de montagnes. Bien qu’il existe la possibilité de déverrouiller la taille des symboles dans les paramètres et ainsi augmenter leur taille maximale, je n’ai pas pu obtenir une échelle équivalente à celle de mon modèle (pour les montagnes les plus imposantes seulement, pas de souci pour les autres plus petites).

Malgré ce petit inconvénient, j’ai réussi à m’en sortir.

3 – Les forêts et végétations

Comme chez Inkarnate, Wonderdraft propose plusieurs types d’arbres (et même des symboles pour l’herbe). Mais à nouveau comme chez son rival : pas de cactus !

Alors il en existe certainement dans des assets téléchargeables sur Cartography Assets (ici) mais me basant sur les fonctionnalités de base des deux, je préfère me cantonner à ce qui m’est proposé.

Donc comme pour Inkarnate, j’ai choisi d’ajouter des palmiers dans le désert à la place des cactus dans les rocheuses. Cela me permettra d’avoir un nouveau point de comparaison entre les deux (même si différent de l’original).

4 – Éléments et noms

On prend les mêmes et on recommence !

J’ai donc inséré mes villes, la crevasse, la grotte, le bateau et la rose des vents. J’en ai également profité pour rajouter de l’herbe dans les plaines.

5 – Finitions et filtre

Pour terminer le boulot, j’ai essayé d’appliquer quelques filtres comme sur Inkarnate.

Ici, il ne s’agit pas vraiment de filtre, mais plutôt de texture pour laquelle on peut varier la colorimétrie. Pas forcément évident à prendre en main au début, mais une fois qu’on a compris le système, il y a moyen de faire pas mal de variations.

Mon premier essai donnait ceci :

Mais je n’étais pas pleinement satisfait. J’ai modifié la balance pour aller vers quelque chose d’un peu plus sombre, de plus ancien pour retrouver cet aspect vieux parchemin. Jusqu’à arriver à cette seconde version :

Nous voilà donc avec le Duché de Bergebonne vu par l’œil de Wonderdraft.

Il est maintenant l’heure d’analyser tout ça.

Wonderdraft vs Inkarnate, qui s’en sort le mieux ?

Voici donc les résultats avec deux rendus qui tendent vers l’original mais qui chacun dans leur genre aboutissent à un style unique et loin d’être identique.

Chacun pourra donner sa préférence à l’un ou à l’autre, mais quoi qu’il en soit Inkarnate et Wonderdraft sont deux programmes très complets permettant sans souci d’offrir des cartes au rendu impeccable.

Avant de vous dire vers lequel penche mon cœur, voici un petit récapitulatif des qualités et défauts identifiés chez les deux rivaux.

InkarnateWonderdraft
AvantagesAvantages
– uniformité des assets– Paiement unique
– ne demande pas beaucoup de ressources– Connexion internet non requise
– système de filtres ultra efficace et complet– d’innombrables assets sont téléchargeables (gratuitement ou à petit prix) en ligne grâce à la communauté
– mises à jour régulières– possibilité de superposer une
image en fond et de dessiner par-dessus
– chaîne Youtube utile et inspirante– créer des rivières n’a jamais été aussi simple
InconvénientsInconvénients
– paiement en abonnement (bien que raisonnable niveau tarif)– requiert un ordinateur puissant
– requiert une connexion internet– les assets ne sont pas tous compatibles entre eux (styles différents qui peuvent « choquer » à l’oeil sur une même carte)
– le dessin des côtes et rivières est
un peu laborieux à la souris
– les assets fournis par la communauté Wonderdraft et téléchargeables ne sont pas tous libres de droit pour une utilisation commerciale
– impossible d’ajouter des assets personnalisés

Pour conclure

Avant toute chose, il n’existe aucun logiciel ou application en ligne parfait(e) pour dessiner des cartes. Il y a des styles et des fonctionnalités propres à chaque outil qui répondront plus ou moins bien à vos attentes.

De votre usage dépendra l’éditeur de cartes idéal.

Pour ma part, j’avoue avoir découvert Inkarnate sous un nouveau jour et après ce test, j’ai envie de pousser la bête encore plus loin et de l’utiliser au quotidien pour en connaître tous les rouages.

inkarnate vs wonderdraft : le test

Pour autant, je conçois que devoir être sur internet pour l’utiliser peut être un frein. Concernant les tarifs, Wonderdraft est beaucoup plus attractif mais aussi beaucoup plus gourmand en ressources pour votre ordinateur.

Au final, je serais tenté de dire que Wonderdraft et Inkarnate sont les deux faces d’une même pièce et que c’est à vous de faire un choix en lien avec ce que vous voulez faire exactement.

Sachez enfin que le mieux pour représenter à la perfection tous les éléments qu’on souhaite est de travailler sur papier ou de dessiner sur tablette. Cela requiert de l’entraînement et de la technique, mais au final vous pourrez représenter exactement ce que vous avez en tête.

Ou bien encore déléguer ce travail à quelqu’un de plus compétent si vous ne souhaitez pas y passer des heures voire des jours pour ne serait-ce qu’apprendre à maîtriser tel ou tel logiciel.

Ce comparatif avait également pour but de stimuler votre imagination et de vous redonner la motivation pour enfin vous lancer sur cette carte qui vous habite.

Avec ces deux mastodontes, vous avez de quoi faire.

Maintenant, c’est à vous de jouer. Choisissez votre support et commencez à dessiner. Peu importe le résultat au départ. Pratiquez. Et bientôt vous vous serez amélioré(e).

L’important, c’est de commencer à dessiner.

Rappel

  • Wonderdraft est disponible au tarif de 30$ (paiement unique) : en savoir plus.
  • Inkarnate est disponible gratuitement ou en abonnement payant (25$ l’année ou 5$ le mois) : en savoir plus.

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Denis Vergnaud


Une carte ne se dessine pas toute seule, Denis doit être en train de se perfectionner dans l'art de la cartographie fantasy.
De quoi vous aider dans vos projets de cartes d'univers fantasy pour vos romans ou vos jeux de rôles.

  • Bonjour je suis entre autre dessinateur et créateur d’assets pour wonderdraft ( atypikk_mazenc sur cartographyassets.com) et pour avoir utilisé les deux je trouve que la formule d’abonnement d’Inkarnate est très rédhibitoire même si peu cher. De plus étant une offre totalement online on a l’impression de ne pas posséder le logiciel, il suffit d’un problème avec Internet ou que le site tombe en panne pour qu’on ne puisse plus l’utiliser…C’est dommage car si les créateur d’Inkarnate l’aurait sorti en version logiciel sans DRM et à paiement unique avec la possibilité d’importer ses assets (comme Wonderdraft) il aurait pu être le logiciel de fantasy mapping ultime loin devant wonderdraft ! De part sa flexibilité et sa politique commerciale actuelle je trouve Wonderdraft beaucoup plus avantageux et sympa qu’Inkarnate.

    • Merci pour ton retour.
      Wonderdraft est un excellent logiciel et je continue de l’utiliser selon les projets. Le format d’abonnement, c’est vrai que c’est forcément moins économique que la tarif unique de WD. Pour autant, tout le monde n’a pas un ordinateur capable de faire tourner WD.
      J’ai cru lire quelque part qu’une version offline d’Inkarnate était dans les tuyaux. À voir si cela se concrétise un jour.
      Et Inkarnate Pro, au vu de son tarif, sera davantage destiné aux gros créateurs de cartes, voire aux pro qui seront amenés à l’utiliser très souvent et à gagner leur vie grâce à ça (leur offrant alors un retour sur investissement).

  • Super comparatif qui permet effectivement de se faire une idée de ses 2 « monstres » de la cartographie.
    Inkarnate est accessible gratuitement, ça pourrait être inclus dans ta liste d’avantage, car il me semble que s’en est un sacré.
    Merci pour cet article ^_^

    • Merci Robert.
      C’est vrai, j’aurais pu le rappeler dans le tableau.
      Pour autant, je considère que la version gratuite ne peut pas rivaliser avec Wonderdraft. D’où le fait que je me sois focalisé sur la version Pro ici 🙂

  • Il me semble qu’on peut importer des assets personnalisés dans Inkarnate (enfin non, j’en suis sûr puisque je l’ai fait il y a quelques années ^^), mais c’est vraiment relou à faire quand tu en as plein.
    Perso je suis bien plus fan du rendu de Wonderdraft quand il s’agit de faire des cartes colorées. J’en avait fait une sur Inkarnate avant d’acheter WD, puis finalement je l’ai refaite sur WD et le résultat est bien plus convaincant ! Concernant les assets, je pense que tu n’as pas assez souligné l’importance de la base de donnée gigantesque que proposent les créateurs pour WD 😉
    C’était cool de lire ce comparatif, merci à toi 🙂

    • Merci Moulk pour ce retour. Effectivement, je viens de farfouiller et il est possible d’ajouter des assets sur Inkarnate mea culpa ! 🙂
      Pour les assets, c’est vrai que WD est loin devant Inkarnate, on est d’accord. Toutefois, je trouve que certains assets ne sont pas forcément des plus esthétiques une fois mêlés à d’autres. L’harmonie du tout n’est pas toujours au rendez-vous, ce qui pour moi gâche un peu le résultat (là où les assets Inkarnate auront une meilleure « symbiose » entre eux).
      Quand au rendu visuel, je pense que cela dépendra de chacun et de ses préférences, mais tu as raison de l’évoquer.

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